
Ce projet de recherche explore les liens entre illusion picturale et crise contemporaine de la vérité. À partir de la technique du trompe-l’œil, il interroge notre rapport à l’information, au doute et à la perception.
Ce projet de recherche artistique interroge les rapports entre illusion, perception et vérité. Il s’inscrit dans la continuité d’une recherche antérieure en moulage et sculpture autour de la question du modèle et de l’original, tout en opérant un déplacement vers un nouveau médium : la peinture en trompe-l’œil. Technique traditionnelle du décor mural, le trompe-l’œil repose sur l’imitation et sur la capacité de l’image à produire l’illusion du réel. Comme le moulage, il s’agit d’une technique dont l’efficacité tient précisément au fait qu’elle ne se voit pas en tant que telle. Le projet propose d’utiliser ce procédé comme un outil pour interroger notre rapport contemporain à l’illusion, dans un contexte marqué par la crise de confiance envers les médias, la circulation des « fake news » et l’essor des technologies d’intelligence artificielle. La recherche s’appuiera sur des références théoriques issues des sciences de l’information, de la sociologie et de la philosophie, afin d’examiner les transformations actuelles du rapport à la vérité, au doute et à la crédibilité des images. Ces apports permettront de mettre en perspective les intuitions plastiques du projet. En parallèle de cette recherche théorique, une série d’expérimentations sera menée autour de la peinture en trompe-l’œil sur des matériaux d’emballage tels que le film plastique, le scotch, la bâche ou le papier de soie. Habituellement destinés à cacher ou protéger un objet, ces matériaux introduisent une réflexion sur la surface qui dissimule et sur les dispositifs de médiation de l’information. Le projet explorera les propriétés physiques de ces supports, translucidité, déformation, superposition, afin de créer des images volontairement ambiguës, jouant sur la confusion entre vrai et faux. Ces expérimentations permettront d’étudier comment les mécanismes perceptifs du trompe-l’œil peuvent entrer en résonance avec les problématiques contemporaines liées à la manipulation des images et à la lisibilité de la réalité.


Marina Mankarios, née en 1996, est une sculptrice franco-égyptienne qui vit et travaille à Paris. Diplômée de l’ENSAAMA Olivier de Serres, elle développe une pratique autour de la ruine et du fragment, interrogeant la mémoire, l’oubli et notre rapport au temps à travers des formes sculpturales décalées, creusées et recomposées. Entre vestiges antiques et expérimentations contemporaines, ses œuvres mettent en tension l’héritage du passé et la fragilité du présent. Son travail a récemment été présenté dans plusieurs expositions collectives, notamment à la Galerie Perspective, au Centre d’art Gallifet, à la Galerie Sobering et à la Galerie Paradis. En 2025, elle est lauréate de la résidence de création du Musée Départementale Albert Kahn et y installe deux œuvres monumentales dans la Salle des Plaques. crédits CD92/Thomas Balay