
« Confession Rebelle » est une installation participative où le public partage anonymement une rébellion intime. Les messages, imprimés dans un monstre en céramique, forment une archive collective évolutive révélant comment des résistances personnelles se relient à des expériences sociales communes.
L’installation « Confession Rebelle » d’Eri Maeda propose une expérience participative qui invite le public à partager un acte de rébellion intime par l’écriture. Au centre du dispositif se trouve une sculpture en céramique issue de l’univers de l’artiste : un « Lipstick Monster », monstre à la bouche ouverte, qui devient le réceptacle des voix du public. Les visiteurs sont invités à compléter la phrase « Je me rebelle contre… » en scannant un QR code et en envoyant leur confession depuis leur téléphone. Chaque message est alors imprimé directement à l’intérieur de la sculpture, créant au fil du temps une archive matérielle et évolutive de ces prises de parole. L’œuvre transforme ainsi des gestes individuels souvent silencieux en une mémoire collective visible. Les confessions s’accumulent sur un rouleau de papier continu qui se déploie progressivement, semblable à une langue qui s’étire hors de la bouche du monstre. Cette croissance physique de l’installation rend perceptible l’addition de toutes ces voix, révélant comment des résistances intimes, liées à la honte, aux contraintes sociales ou aux attentes genrées, peuvent trouver un écho commun. La pratique artistique d’Eri Maeda interroge précisément ces mécanismes de contrainte et d’intériorisation à travers la céramique. Avec « Confession Rebelle », l’artiste élargit cette réflexion en créant un espace où chacun peut exprimer une rébellion souvent tue. Ici, la révolte n’est pas nécessairement spectaculaire : elle peut être discrète, fragile, parfois simplement formulée par l’aveu de ce que l’on refuse désormais d’accepter.



Eri Maeda est une artiste visuelle japonaise basée à Paris. Travaillant la céramique et la photographie, elle façonne des sculptures en grès aux couleurs vives et surréalistes, transformant des objets du quotidien en monstres. À travers ces « monstres » espiègles, elle explore la rébellion contre les normes sociales, les attentes liées au genre et les codes de conduite implicites qui ont marqué son éducation au Japon. Influencée par sa formation en stratégie de marque et en marketing, elle interroge la manière dont les images captent l’attention et manipulent le désir, détournant ces mécanismes pour mieux les critiquer. Ses œuvres, souvent caractérisées par des finitions brillantes et des couleurs séduisantes, révèlent de près des détails troublants, mêlant humour noir et critique sociale. Elle brouille ainsi la frontière entre le domestique et le surréaliste, invitant le spectateur à reconsidérer la familiarité des objets ordinaires. Formée en art à l’Akita International University, puis en design graphique et social design au Vantan Design Institute à Tokyo, elle approfondit ensuite ses recherches techniques en céramique au sein de Shimokita Gama. Lauréate du concours de céramique Banko en 2020, Eri Maeda a présenté son travail dans plusieurs galeries internationales, notamment à la galerie Porte B. et à la galerie Sato à Paris, à Tokyo, Londres et Milan.