
Mon projet est d'organiser une résidence de création de quelques jours autour de la découverte du médium lithographique.
Malgré quelques semestres d'apprentissage au sein du magnifique atelier de gravure de l'Ecole de Beaux-Arts de Paris, l'estampe tient une place encore timide dans mon travail graphique. Ce médium pourtant a fait une récente effraction dans mon travail, lorsque j'ai eu la chance de participer en 2024 à un workshop de monotype organisé par l'association de plasticiens « La Menuiserie 2 », avec l'expertise de l'artiste Clément Fourment. J'y ai découvert qu'il était possible d'imprimer un coup de pinceau : ce fut une révélation. La vitesse d'exécution, la plasticité des matières et la fraîcheur de l'encre transférée par la presse m'ont fait sentir la spontanéité et la fluidité que la pratique de l'estampe peut incarner. Suite à cette expérience, le monotype fait aujourd'hui l'objet d'une pratique plus régulière et intègre le corpus de travail que je déploie sur différents médiums. Dans une démarche similaire, l'opportunité de découvrir la pratique lithographique me parait des plus intéressantes : j'ai toujours été fasciné par la manière dont la lithographie semblait imprimer le tracé du graphite ou du pastel, la vibrance de l'huile et parfois la transparence de l'aquarelle. À la différence des monotypes, qui bien qu'imprimés, sont des pièces uniques, la lithographie permet de réaliser une œuvre avec un nombre plus important de tirage. Le multiple gravé me paraît encore d'une grande importance pour le peintre, et ce, malgré l'immense diversité de méthodes d'impression numériques : il porte en lui la trace de la main, et il est le résultat d'un savoir-faire technique patient, méthodique et sensible. Mon projet serait de rencontrer un atelier qui puisse m'accueillir quelques jours, et m'accompagner dans le tirage d'une estampe de qualité professionnelle.

Né en 1998 à Reims, Luc Pommet débute sa formation artistique dans les salles du musée des Beaux-Arts de Reims au contact des toiles de Corot. Après trois années de cours du soir (modèle vivant et peinture) au sein de l’École Supérieure d’Art et Design de Reims, il intègre la classe préparatoire de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Lyon. L’année 2017 marque son entrée à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Au sein de l’atelier de François Boisrond, il développe une pratique essentiellement picturale. Son travail, essentiellement tournée vers la présence végétale est nourrit par une large tradition picturale : de Giorgio Morandi à Lois Dodd, de Théodore Rousseau à Per Kirkeby, de Mary Delany à Alexander Hollan, de Daniel Rabel à Sigmar Polke. Ses peintures ont depuis été exposées dans différentes galeries établies à Paris et en Picardie, et sont entrées dans des collections privées françaises, suisses et américaines. Luc Pommet travaille désormais entre Paris et Clermont où il réside.