
« Faire Revivre » est un projet de céramique explorant nature et mémoire à travers des formes organiques inspirées du rocaille et d’un kitsch assumé. L’orchidée, fleur sophistiquée et menacée, y symbolise la vulnérabilité du vivant. Transposée en céramique, sa fragilité figée interroge la mémoire : faire survivre l’éphémère par la matière.
« Faire Revivre » est un projet en cours qui explore l’interprétation de la nature à travers la céramique et les perles de rocaille. Il se construit progressivement par l’expérimentation technique et les variations d’échelle, qui élargissent peu à peu l’installation vers une dimension plus immersive. La création de plantes fictives devient un terrain d’exploration : j’invente des objets hybrides, à la frontière entre artifice et organisme. Les fleurs matérialisent la fragilité des souvenirs et instaurent un lien sensible entre l’humain et la nature. Elles cessent d’être de simples ornements pour révéler leur force symbolique, leur matière et leur singularité. Les fleurs en céramique évoquent également les bouquets funéraires et interrogent la mémoire. Cette dimension est liée à mon père, céramiste et aujourd’hui âgé : créer ces fleurs revient à anticiper son absence. Figées dans la matière, elles deviennent des « fleurs du souvenir », tentant de rendre durable ce que la vie rend éphémère. Formellement, le projet s’inspire du style rocaille des XVIIe et XVIIIe siècles, où coquillages, pierres et sources se transforment en compositions organiques et fantaisistes. À cette référence s’ajoute celle du kitsch qui, par l’excès et l’ornement, réinvente les objets et révèle la poésie du quotidien. L’orchidée s’impose comme figure centrale. Fleur sophistiquée et adaptable, elle incarne la créativité du vivant tout en étant l’une des espèces les plus menacées. En céramique, sa délicatesse confrontée à la solidité du matériau révèle une tension entre fragilité et permanence. Le projet entre aujourd’hui dans une nouvelle étape fondée sur la rencontre de deux argiles et de deux modes de cuisson, prolongeant cette réflexion sur la matière, la mémoire et le vivant.





Issue d'un parcours mêlant les Beaux-Arts et la mode pour devenir designer de broderies, Marie Marcell se tourne finalement vers la pratique de la peinture et de la céramique, inspirée par la flore. Poursuivant un courant pop-surréaliste, elle utilise la flore comme avatar permettant d’exprimer des émotions souvent inconscientes, et de l'esthétique du Kitsch pour explorer des récits d'intimité. Pratiquant la céramique depuis son plus jeune âge, elle explore de nouvelles techniques d'émaillage et de cuisson ainsi que des associations de nouvelles matières issues de la broderie, dont ses sculptures sont le fruit. Cette matière est pour elle un vecteur sensuel permettant de donner du volume à son univers et de le faire exister comme partie du monde réel.