Mehdi BABAEI
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Dans la série « Les Fleurs », la fleur, issue de la tradition de la nature morte, devient un motif de réflexion sur les relations entre matière, temps et mémoire. Elle apparaît comme une métaphore fragile de la condition humaine contemporaine, une présence située au seuil entre persistance et disparition. À travers la technique de la fresque, où le pigment se fixe dans la matière, le temps s’inscrit dans la surface de l’œuvre.
Dans certaines œuvres, la fresque est réalisée sur un enduit frais puis détachée de son support initial pour être transférée sur un volume. Ce déplacement fait dépasser l’image du simple plan pictural et lui confère une présence spatiale.
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Mehdi Babaei est un artiste plasticien iranien installé en France depuis 2021. Formé dès l’enfance à la tradition de la miniature persane sous l’influence de son père, il inscrit son travail dans une tension féconde entre héritage et recherche contemporaine. La peinture devient pour lui un champ d’investigation plutôt qu’un simple médium d’expression. Après une licence en arts visuels (peinture) à l’Université Shahed de Téhéran, il poursuit sa formation à l’École des Beaux-Arts de Versailles, dont il est diplômé en 2024, puis obtient en 2025 un diplôme professionnel en fresque et art in situ à l’École des Beaux-Arts de Paris. Sa pratique interroge les notions de mémoire et de temps à travers la matérialité même de l’image. Il ne considère pas l’œuvre comme représentation, mais comme surface active où le temps se condense et s’inscrit. La matière devient le lieu d’une sédimentation : elle conserve, altère et transforme les traces. La série Les Fleurs prolonge cette recherche dans un dialogue entre tradition visuelle iranienne et nature morte occidentale. La fleur y dépasse le registre décoratif pour devenir une forme critique, située à la lisière de la présence et de l’absence, de la permanence et de la disparition. La nature morte cesse d’être un genre ; elle devient dispositif de réflexion sur la condition humaine contemporaine. Par la fresque et l’attention portée à la stratification des surfaces, Babaei met en œuvre une temporalité incarnée, où l’image agit comme espace silencieux d’inscription du passage du temps.