
C’est à l’école que mon énergie créative s’est éveillée. Incapable de rester concentrer, les stylos et cahiers m’ont pour un temps permis d’échapper à la discipline imposée par les sphères académiques classiques. J’ai vite compris que mon besoin de création allait bien au-delà l’ennui scolaire, mais de cette période reste un intérêt qui dure : une esthétique dense qui mélange écriture et dessins sur une variété de médiums. Je suis obsédé par les brouillons ; je vois en eux des témoins crus de la pensée intime, qui vient au monde sous forme de croquis, de petits dessins, de signes ou d’écrits. Animé par le désir de structurer cette pratique obsessionnelle, j’ai exploré différentes techniques de création semi consciente, afin de laisser les courants d’énergie créative qui me traversent s’exprimer le mieux possible. Parmi ces pratiques : les mouvements corporels hyper répétitifs, le dessin et l’écriture sous influence, l’écriture automatique… Mon hyperactivité est aussi le résultat d’une exposition aux réseaux sociaux, à leur constante avalanche de contenus succincts. Intrigué (et happé) par la chaotique culture digitale, j’ai plus récemment tenté de mettre en scène numériquement l’intimité trouvée sur ces réseaux. Ma pratique, sous différentes formes, cherche à mettre en scène l’intimité, crue ou habillée. © Audrey Murani
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