
Ce projet explore le corps humain comme un seuil entre présence et disparition. À travers la photographie analogique et numérique, ainsi que la technique de la gomme bichromatée, il met en scène des corps suspendus dans le temps. L’œuvre crée un espace perceptif où le spectateur éprouve silence, attente et tension.
Ce projet artistique explore la relation entre le corps, le temps et les états de suspension. À partir de photographies réalisées avec des modèles vivants, le travail se développe à travers un processus mêlant photographie analogique, photographie numérique et tirages en gomme bichromatée. Les images sont fragmentées, recomposées et parfois assemblées en structures modulaires, créant des corps instables, situés entre apparition et disparition. Dans cette recherche, le corps n’est pas représenté comme une identité fixe, mais comme un espace perceptif traversé par le temps, le silence et la tension. Les fragments photographiques deviennent des éléments matériels qui déplacent la perception du spectateur et introduisent un état d’incertitude. À travers l’image photographique et sa matérialité, le projet cherche à créer un espace où le spectateur ne reçoit pas un message direct, mais expérimente une situation de silence, d’attente et de perception active, dans laquelle le corps devient le lieu d’une présence fragile et ouverte.






Le travail de Nazanin Pirmohammadi se déploie entre photographie, vidéo et vidéo installation. Formée à l’Université d’Art de Téhéran, elle poursuit actuellement ses études à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Sa pratique prend le corps comme point de départ pour interroger le temps, la présence et les états intermédiaires. D’abord attentive à la représentation notamment à travers des projets liés à la condition des femmes, elle déplace progressivement son attention vers la notion de situation : le corps n’y est plus seulement image, mais expérience. Ses recherches explorent la fragilité des apparitions. À travers la photographie argentique et la technique du gommage bichromatée, elle travaille la lenteur, l’instabilité et la transformation de l’image. Les surfaces sont pliées, fragmentées ou superposées ; l’image semble en suspension, entre émergence et effacement. Dans ses projets vidéo, cette réflexion s’étend à l’expérience directe du temps. Le geste de s’arrêter, d’observer ou de demeurer devient un acte central. Son travail se construit ainsi autour d’une attention aux relations entre corps, espace et durée, dans une économie formelle sobre où le visible reste toujours partiellement incertain.